L'importance des fourrages

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[Contenu technique rédigé en collaboration avec LAB TO FIELD, société de recherche et conseil en nutrition équine]

Dans la nature, l’alimentation des équins repose principalement sur l’herbe. Pour leur bien-être et pour leur santé, il est essentiel que les équins puissent consommer de l’herbe ou des fourrages secs, comme le foin.

Les parois des cellules végétales sont communément appelées les « fibres ». Ces fibres sont constituées de longues chaînes de sucres entremêlées, comme la cellulose ou les hémicelluloses. Les fibres entrent donc dans la catégorie des glucides.

Le cheval n’a pas la capacité à digérer lui-même les fibres. Il s’appuie pour ceci sur une vaste microflore, composée principalement de bactéries, qu’il héberge dans son gros intestin. Certaines de ces bactéries sont capables de « découper » les celluloses et d’hémicelluloses en molécules simples que le cheval peut absorber. Ces molécules s’appellent des acides gras volatils (AGV) et constituent une source d’énergie importante pour le cheval. C’est ainsi grâce à ces bactéries « consommatrices de fibres » que le cheval tire partie des fourrages.
La digestion des fourrages dans le gros intestin du cheval est un processus long. Les fourrages sont une source de glucides lents pour le cheval, par opposition aux céréales qui apportent des sucres rapides.

Deux kg de foin apportent en moyenne autant d’énergie à un cheval qu’un kilo de céréales !

En plus de l’énergie, les fourrages apportent au cheval des protéines, des minéraux, des oligo-éléments et des vitamines.


Foin / Paille : Quelle différence ?

Le foin correspond à un fourrage séché constitué de toutes les parties aériennes des plantes (en majorité des graminées) : tiges, feuilles et épis. La paille provient uniquement de la tige de céréales : blé, orge, avoine, etc.

Un kilo de paille apporte environ deux fois moins d’énergie qu’un kilo de foin, et ne contient aucun apport protéique. Plus ligneuse, la paille est moins bien digérée que le foin.

Le foin et la paille n’ont pas le même impact sur la santé digestive : la consommation de grandes quantités de foin est recommandée alors que la consommation de grandes quantités de paille peut être source de maladie, comme certaines coliques.


Pourquoi sont-ils nécessaires ?

  • Pour son fonctionnement

La consommation de fourrage est nécessaire au bon fonctionnement de l’organisme du cheval. Par exemple, l’absorption de l’eau dans le gros intestin n’est possible qu’en parallèle de l’absorption d’AGV. Pour que le cheval puisse se réhydrater, il faut donc qu’il boive… et qu’il consomme des fourrages qui en étant digérés fournissent des AGV.
 

  • Pour son comportement

A l’état naturel, le cheval passe entre 12 et 15 heures par jour à manger, contre 3 heures en moyenne chez un cheval au box. L’ennui est un facteur de risque important pour l’apparition des stéréotypies, comme le tic à l’air ou le tic à l’appui. La distribution de foin permet de réduire les périodes d’ennui. En effet, l’ingestion d’un kilo de foin prend en moyenne trois à quatre fois plus de temps que l’ingestion d’un kilo de concentrés. Pour apporter la même quantité d’énergie (1 UFC), le cheval est occupé ainsi une quinzaine de minutes avec des céréales contre 1h30 à 2h avec du foin.
 

  • Pour sa santé

Lorsque le cheval mastique, il produit une grande quantité de salive. La salive est basique et dans l’estomac elle permet de limiter l’acidité due aux sécrétions gastriques. Or, l’acidité gastrique est une cause des ulcères. En distribuant du foin à volonté, il a été constaté que les risques d’ulcères gastriques graves étaient fortement réduits.


Nos recommandations

Pour respecter le comportement alimentaire et le fonctionnement digestif du cheval, les scientifiques recommandent actuellement d’apporter au minimum 1,5 % du poids du cheval en matière sèche de fourrages… Autrement dit, il est recommandé d’apporter au minimum :

  • 5 à 6 kg de foin par jour à un poney de 300 kg
  • 8 à 9 kg de foin par jour à un cheval de 500 kg
  • 11 à 12 kg de foin par jour à un cheval de 700 kg

Pour occuper au maximum les chevaux au cours de la journée, la distribution du foin en deux repas est possible. Pour des chevaux qui consommeraient trop rapidement leur fourrage (par manque d’apport ou par « gloutonnerie »), il est également possible de le proposer dans un filet à foin.


Eau : avant ou après les concentrés ?

D’un point de vue purement digestif… peu importe ! Les études conduites sur le sujet montrent que la digestibilité de la ration est équivalente que le foin soit distribué avant ou après le concentré.


Qu'est-ce qu'un bon foin ?

C’est un foin appétent pour le cheval, sans souillures (poussières, branches, moisissures, etc.) ni plantes toxiques, et dont les valeurs nutritionnelles sont adaptées à l’état et à l’activité du cheval. Ainsi, un foin adapté pour un cheval en surpoids et travaillant peu ne sera probablement pas identique au foin adapté pour un cheval à l’exercice intense.

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