PortRait duo dE CINDY & JUPUS
#RIDEZ COMME VOUS ÊTES

Découvrez les histoires singulières de cavalières et leur cheval dans notre série de portraits « Mon Cheval et Moi » :

Portait duo d'une cavalière et son cheval

JE LE CONSIDÈRE COMME UN CHEVAL VALIDE

Aujourd’hui, nous allons à la rencontre de Cindy et Jupus.

Rien ne prédestinait cette jeune femme à commencer l’équitation à presque trente ans. Elle nous raconte sa rencontre et son coup de cœur pour un cheval réformé mi-invalide, qui a changé le cours de sa vie.

Portait duo Marie & Jour J (duplicate)

UN CHEVAL TELLEMENT ATTACHANT

En 2011, j’étais en clinique 7/7jours en rééducation, suite à un grave accident », nous confie Cindy, sans s’épancher. « Au bout d’un certain temps, j’ai eu le droit de sortir en week-end. Je suis allée chez des amis de mes parents qui avaient une propriété avec des chevaux. J’étais en béquille et je me suis approchée de ce grand cheval, Jupus. Il m’a attiré plus que les autres parce qu’il avait quelque chose de différent, un air vraiment doux et un port de tête particulier.

D’ailleurs, c’est encore ce qui fait son charme aujourd’hui », explique-t-elle en souriant. « Il tournait légèrement la tête. On m’a expliqué qu’il ne voyait pas très bien de l’œil gauche. À l’époque, on prenait ça pour de légers problèmes de vue.»

Portait duo CINDY ET JUPUS

SE DÉPASSER POUR CRÉER NOTRE RELATION

Au fil du temps, Cindy a le droit de sortir tous les week-ends. Le contact des équidés lui fait du bien. « J’allais faire un tour pour voir tous les chevaux, mais j’avais toujours mon moment privilégié avec Jupus. C’était un ancien trotteur ». Un réformé de course à qui on a toujours interdit de galoper, de surcroît mal voyant, c’est le genre de cheval que les visiteurs regardent de loin.

Peu importe pour Cindy, le lien est créé, à tel point qu’elle ne peut plus passer une semaine sans lui rendre visite. Mais le contexte n’est pas si simple. « Il y avait des hauts et des bas quand je passais le voir. Parfois, c’était top et parfois, il n’était pas réceptif. Même avec des friandises, il pouvait m’ignorer. Je ne parlais pas le langage cheval, je n’avais pas de culture équestre », concède la jeune femme.

Elle a très envie de se mettre sérieusement à l’équitation. Je voulais monter pour partager quelque chose avec lui. Mais j’avais beaucoup d’interdits sportifs de la part des médecins. Un an et quelques préparations physiques plus tard, Cindy prend enfin sa 1e leçon d’équitation, à 28 ans.

« J’ai eu peur mais je me suis accrochée ! Après quelques séances, je me sentais prête pour monter Jupus. J’étais en confiance avec lui. Il s’est laissé faire, il a été génial ! », se remémore la néo-cavalière avec les yeux brillants.

UN CHEVAL AVEUGLE

En 2014, le propriétaire décide de vendre son domaine avec tous les chevaux. « Je me suis dit : je ne peux pas laisser partir Jupus, quelle horreur ! » Des potentiels acquéreurs commencent à arriver et à s’y intéresser. « Ce cheval attirait l’attention par sa taille et sa posture. C’était l’angoisse d’imaginer le laisser mais financièrement, entre les soins vétérinaires et la pension, c’est une responsabilité. Après trois visites, personne ne voulait de lui et on s’est dit que c’était un signe.

Le propriétaire nous l'a donné. On a pris la décision de lui trouver une belle pâture avec la jument qu'il cotoyait pour ne pas les séparer », se souvient Cindy soulagée.  En mars 2014, la voilà donc enfin propriétaire de Jupus. Les années passent, en 2019, son vieux cheval fait de plus en plus de crises d’asthme. Il fallait vraiment le déplacer. J’ai cherché une pension idéale. Il ne fallait surtout pas de champs autour, mais quand même des coins de balades. Ils devaient aussi accepter un cheval mal voyant. Bref, j’ai dû en visiter une quarantaine ! ».

Après avoir remarqué une blessure à l’œil sur Jupus, Cindy et son mari décident de se rendre à la clinique de Gand, en Belgique. Après l’examen, le vétérinaire nous a annoncé que Jupus était totalement aveugle des deux yeux. ». Pour elle, c’est impossible au vu de tout qu’elle parvient à faire aux côtés de Jupus. Dans un environnement familier, il est en mouvement sans problème. Il avait développé des mécanismes de résilience. ».

C’est un coup dur pour Cindy. Le gérant de sa pension de l’époque la rassure. Finalement, n’est-ce pas la même situation aujourd’hui qu’hier ? « Il avait tellement raison ! Ce jour-là, j’ai réalisé à quel point c’était énorme la confiance que Jupus m’accordait. J’ai commencé à le surprotéger. C’était une erreur, je lui ai ajouté des peurs qu’il n’avait pas. En fait, le rassurer rapidement puis continuer, c’est moins compliqué pour lui », nous livre Cindy.

Portait duo d'une cavalière et son cheval

LE CHEVAL QUI APPREND A LâCHER PRISE

Après un temps de remise en question et d’adaptation, Cindy réalise qu’il est préférable de considérer Jupus comme un cheval valide, presque comme avant. « Jupus est hyper expressif. Par le touché ou par son comportement, il me fait très vite comprendre quand il a quelque chose. Il cligne peu des yeux, donc il est plus sensible aux vents, au soleil, aux moucherons.

Il a un masque pour le protéger des UV à 100%. En sortie, des lunettes de soleil pour être plus serein. On a nos propres petits codes : hop, hop ! Et je monte le licol, il lève ses antérieurs pour passer la marche. Je baisse le licol, il descend.

Une fois qu’on a créé notre langage, notre relation est fluide et seine ! Si les branches ont poussées, je lui dis : attention, il y a des branches ! Et je me couche sur lui, il baisse juste ses oreilles au début et se prend un peu la première. A la suivante, quand je me couche, il comprend tout de suite et baisse la tête », nous détaille Cindy.

Quand je suis avec Jupus, je vis le moment présent à fond. C’est une chance de l’avoir rencontré. C’était mon premier cheval et il a fait une grande partie de mon éducation équestre. Je n’aurais jamais eu cette approche de la relation et de la communication avec les chevaux Jupus